Etudes économiques
Lettonie

Lettonie

Population 1,9 M
PIB par habitant 13573 $US
A3
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015 2016 (e) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 2,7 2,0 3,4
Inflation (moyenne annuelle) 0,7 0,2 0,0 1,7
Solde budgétaire / PIB (%) -1,6 -1,3 -0,9 -1,1
Solde courant / PIB (%) -2,0 -0,8 -0,2 -1,0
Dette publique / PIB (%) 40,7 36,3 40,0 37,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2014) et à l’OCDE (2016)
  • Système financier dominé par des banques suédoises (85% du crédit domestique)
  • Réforme de la loi sur l’insolvabilité et la justice
  • Point de transit entre l’Union européenne et la Russie (façade maritime avec ports)
  • Digitalisation élevée du pays

POINTS FAIBLES

  • Baisse de la population active (faible natalité, émigration) et chômage structurel élevé
  • Retard technologique (R&D= 0,6 % du PIB, moyenne EU=2%)
  • Insuffisance des liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Concentration de la richesse dans la capitale et fortes inégalités de revenu
  • Taxation importante sur le travail pénalisant les bas salaires et encourageant la sous-déclaration
  • Problème de corruption 
  • Baisse de compétitivité et de rentabilité : hausses salariales supérieures aux gains de productivité
  • Importance des dépôts bancaires des non-résidents (la moitié du total)

Appréciation du risque

Activité soutenue par la demande intérieure

Après un relâchement, la croissance devrait retrouver un rythme modéré en 2017. L’investissement public reprendrait après avoir chuté en 2016 du fait de la jonction entre deux programmes européens de financement. Les infrastructures de transport seraient de nouveau les grands bénéficiaires. L’investissement privé ne serait pas en reste avec un crédit qui se stabiliserait après 6 ans de repli, mais à la condition que l’inquiétude relative à la Russie se tasse. La consommation des ménages  resterait l’élément porteur principal, soutenue par une progression modérée de l’emploi et la hausse des salaires induite par le manque de main d’œuvre lié à l’émigration des jeunes qualifiés, ainsi qu’à l’inadéquation de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle aux besoins. Le salaire minimum devrait encore augmenter, le PIB par tête étant égal à 60% de la moyenne UE-15. Les exportations, notamment de produits alimentaires (19% des exportations), de bois et de meubles (17%), de téléphones et d’écrans profiteront d’une conjoncture favorable sur leurs principaux marchés que sont les autres pays baltes (31%), la Scandinavie (12%), la Pologne ou l’Allemagne. Cependant, les exportations vers la Russie (encore 7% des exportations en 2015, hors transit, malgré un recul de 25% par rapport à 2014), mais aussi vers les autres pays de la CEI (5%), risquent encore de baisser avec le maintien des contre-sanctions russes et la conjoncture défavorable dans ces pays. Malgré leur réorientation vers d’autres destinations, les ventes de produits laitiers, de poisson et de boissons ont particulièrement souffert. Les ventes de bois au Royaume-Uni pourraient pâtir de la dépréciation de la livre. Par ailleurs, du fait de l’activité erratique de l’unique aciérie Liepajas Metalurgs, fonction de l’évolution des prix de l’acier, les exportations de produits sidérurgiques demeureront irrégulières. Le transport international routier et ferroviaire ainsi que l’entreposage dépendront de leur utilisation par la Russie qui ambitionne de favoriser ses propres ports au détriment des ports lettons.

 

Une situation budgétaire satisfaisante

Les comptes publics resteraient faiblement déficitaires. La majoration des dépenses liées à la défense (de 1,4% du PIB en 2014 à 2% en 2018), aux infrastructures, à l’éducation, à la santé et, plus généralement, à la protection sociale, toutes marquées par la carence, devrait être compensée par celle des recettes qui ne représentent que 35% du PIB. Le renforcement de la croissance, la lutte contre l’évasion fiscale liée à l’économie informelle (24% du PIB) et l’augmentation des taxes sur divers produits devraient être complétés par une réforme fiscale en 2017 qui introduirait plus de progressivité dans l’imposition des revenus et augmenterait celle de la propriété et des entreprises actuellement très faible. Le poids de la dette publique, déjà modéré, reprendra sa baisse après un pic passager en 2016 lié au refinancement anticipé d’un remboursement prévu début 2017. Bien qu’en grande partie contractée auprès de non-résidents, libellée en euros, elle n’entraîne pas de risque de change.

 

Faible déficit courant  et importants dépôts bancaires des non-résidents

Le faible déficit courant recouvre une balance des biens déficitaire (8,7% du PIB en 2015). La faible valeur ajoutée des exportations les expose à la concurrence, tandis que la diversification réduite de la production favorise les importations. De plus, l’insuffisance des installations portuaires et des infrastructures terrestres avec le reste de l’Union européenne ralentit la diversification géographique des échanges. La dépendance énergétique extérieure, notamment auprès de la Russie, diminue avec le nouveau terminal gazier lituanien et les deux câbles électriques reliant la Lituanie avec la Suède et la Pologne. Le solde excédentaire des services, lié au tourisme et au transit de marchandise (de et vers la Russie) et les transferts des travailleurs expatriés compensent en grande partie ce déficit. Le solde est financé par les fonds européens et les investissements étrangers qui n’ont pas souffert de la détérioration des relations avec la Russie. La dette extérieure brute, bien qu’en constante diminution, reste importante (128% du PIB, mais seulement 11% en net). Un tiers est dû à leurs maisons-mères par les filiales de banques suédoises  et baisse avec l’augmentation des dépôts locaux. Un autre tiers correspond aux dépôts des non-résidents, en grande partie russes, dans des banques spécialisées.

 

Instabilité ministérielle et importante minorité russophone

Les élections d’octobre 2014 ont reconduit la traditionnelle coalition de centre-droit constituée des partis de l’Unité, de l’Union des verts et des paysans et de l’Alliance nationale. Elle dispose de 61 sièges sur 100 à l’Assemblée. Pourtant, les dissonances entre ses membres et l’instabilité ministérielle sont courantes : Maris Kucinsskis est le troisième premier ministre de la mandature. Le premier parti du pays est dans l’opposition. Il s’agit du Parti de l’harmonie, au centre-gauche, avec 24 sièges et dirigé par le maire de Riga. Il fédère les russophones qui constituent 27% de la population et se concentrent dans la capitale et dans la région pauvre de Latgale à l’est du pays. Il ne parvient pas à réunir une coalition à cause du vote ethnique renforcé par le refroidissement des relations avec la Russie.

 

Dernière mise à jour : Mars 2017

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