Etudes économiques
Syrie

Syrie

Population 18.3 million
PIB par habitant n.c
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

POINTS FORTS

  • Position géographique stratégique
  • Pays de transit énergétique
  • Potentiel pétrolier

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile depuis 2011, 400 000 morts, destruction de nombreuses infrastructures
  • Fragmentation du territoire entre différents groupes d’influence
  • La production de pétrole est réduite à néant

Appréciation du risque

Vers la fin de la guerre

Après huit années de guerre civile, le conflit syrien est entré dans une nouvelle phase. Depuis la chute d’Alep en 2016, le rapport de force s’est inversé. Le régime de Bachar El Assad, contre lequel une partie de la population syrienne s’était insurgée en 2011, a repris une grande partie du territoire. À la confrontation entre le régime et l’Armée syrienne libre se sont greffés d’autres acteurs. D’un côté, la Russie, l’Iran et le Hezbollah offrent un soutien militaire et logistique à Damas, indispensable à son maintien ; de l’autre, une coalition internationale, composée de pays occidentaux et arabes, s’était formée dans le but de freiner l’expansion des groupes islamistes radicaux (al Nosra et Daech) en Syrie et en Iraq. Bien que les affrontements se soient soldés par la défaite des groupuscules djihadistes, les forces de la coalition restent présentes dans les zones sous contrôle kurde qui s’étende à l’est de l’Euphrate. Certaines milices islamistes continuent d’être actives dans les zones désertiques du Sud syrien.

La Turquie qui partage une frontière terrestre avec la Syrie est intervenue plusieurs fois dans le conflit pour protéger ses frontières et ses intérêts dans la région. Elle veille, notamment, à ce que la fin de la guerre ne débouche pas sur la création d’un État kurde. La reprise par le régime de la région d’Idlib constituerait le dernier acte de la guerre en Syrie. Alors qu’une offensive du régime soutenue par la Russie semblait imminente en septembre 2018, cette dernière a été annulée après qu’un accord a été conclu entre la Russie et la Turquie. Suite à la demande d’Ankara craignant une hausse de l’afflux de réfugiés à sa frontière, l’accord entre la Russie et la Turquie a pour objectif de créer une zone démilitarisée dans la région. En parallèle, l’annonce du retrait des troupes américaines de Syrie en décembre pourrait, en outre, rebattre les cartes du conflit. Alors que la région était contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (SDF) et les Unités de protection du peuple kurde (YPG), la présence américaine dans la région de Manbidj a permis de contenir les ambitions de la Turquie dans cette partie du territoire vue comme une menace par les autorités turques. Le ministre des affaires étrangères turc, Mevlüt Çavuşoğlu, a d’ores et déjà annoncé en décembre 2018 que les troupes turques s’apprêtaient à traverser l'Euphrate pour rejoindre le territoire syrien. Même si la fin du conflit semble proche, il est donc difficile d’envisager un retour à la stabilité dans la région.

En octobre 2018, le sommet d'Istanbul a réuni les membres du processus d'Astana (Russie, Turquie et Iran) et une partie du groupe de contact (France, et Allemagne). Même si les divisions restent profondes entre les parties, notamment en ce qui concerne le rôle de Bachar al-Assad et l'avenir des régions kurdes du nord-est, le sommet a débouché sur une déclaration conjointe qui réitère la nécessité d'initier des actions communes et d'engager un processus politique en Syrie. Décidée lors de la Conférence pour la paix organisée à Sotchi en janvier 2018, la sortie politique de la crise syrienne devrait se traduire par la mise en place d'une commission chargée de rédiger une nouvelle Constitution sous les auspices des Nations unies. Or, le comité constitutionnel chargé de donner une nouvelle loi fondamentale à la Syrie tarde à prendre forme en raison notamment des réticences du régime.

 

Une reconstruction difficile et controversée

Le retour de plusieurs provinces dans le giron du régime de Bachar El Assad devrait amorcer la reprise de l’économie syrienne. Cette dernière n’en demeure pas moins exsangue après huit années de conflit. Le PIB syrien a diminué de près de 60 % durant la période 2010/16, selon les estimations de la Banque Mondiale. Une grande partie des infrastructures a été détruite pendant les affrontements. Le tissu industriel s’est atrophié, tandis que les sanctions économiques rendent difficile l’accès au financement. Le régime de Bachar El Assad est sous le joug de sanctions américaines et européennes datant de 2011, mais il peut compter sur le soutien de la Chine en plus de celui de ses principaux alliés. Malgré l’appui de la Russie, et de l’Iran, les besoins restent considérables. La Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO) a estimé le coût total de la reconstruction syrienne à 388 milliards USD. Alors qu’une partie des pays européens, dont l’Allemagne, seraient prêts à participer au financement, ces derniers conditionnent leur aide à la mise en place d’un processus politique inclusif. Une autre limite au processus de reconstruction reste le manque de ressources humaines. Le bilan humain des huit années de conflit reste lourd. Le nombre de morts directement liés au conflit est estimé entre 400 000 (ONU, avril 2016) et 470 000 (Centre syrien de recherche sur les politiques, février 2016). Plus de 6,1 millions de personnes, dont 2,5 millions d'enfants, ont été déplacées et 5,6 millions sont officiellement enregistrées comme réfugiés (HCR, septembre 2018). La question du retour des réfugiés reste un élément central à la réussite du processus de paix. Alors que les pays accueillant un nombre important de syriens seraient pour une facilitation de leur retour, le régime continue d’envoyer des signaux contradictoires. D’une part, les annonces faites par le gouvernement se veulent rassurantes et en faveur d’un retour des déplacées ; d’autre part le gouvernement a orchestré, dès 2012, par le biais du décret 66, la récupération par le régime des biens des personnes déplacées. La reconstruction semble être aussi un moyen utilisé par le régime pour remodeler la démographie syrienne.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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