Etudes économiques
Syrie

Syrie

Population 17,1 millions
PIB par habitant -
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

POINTS FORTS

  • Position géographique stratégique
  • Pays de transit énergétique
  • Potentiel pétrolier

POINTS FAIBLES

  • Guerre civile depuis 2011 : des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés à l’intérieur et hors du pays, destruction de nombreuses infrastructures
  • Fragmentation du territoire entre différents groupes d’influence
  • Production officielle de pétrole fortement réduite

Appréciation du risque

Des défis humanitaires accrus par la COVID-19 et une influence étrangère toujours marquée

Après dix années de guerre civile, la situation en Syrie restera très instable en 2021. En plus des tensions territoriales non résolues, la crise de la COVID-19 a entrainé un déclin des conditions socio-économiques, déjà faibles, qui continuera de peser sur le pays en 2021. Le système de santé, qui avait déjà été extrêmement fragilisé par la guerre, s’est retrouvé au bord de la rupture avec un personnel soignant fortement exposé à la maladie. De plus, le manque de transparence concernant le nombre de contaminations et de décès ainsi que la quasi-inexistante réponse gouvernementale face à la crise ont davantage affaibli le pays et amplifié les besoins humanitaires. La situation économique chaotique a été exacerbée par le contexte sanitaire, notamment par l’importante baisse de la consommation des ménages due à l’inflation galopante et ainsi à l’explosion des prix des denrées alimentaires, qui ont augmenté de 250% par rapport à l’an passé. Les défis humanitaires se multiplient et devraient persister en 2021.

Par ailleurs, le régime se renforce mais l’influence des puissances étrangères subsiste. Depuis la chute d’Alep en 2016, le régime de Bachar al-Assad a repris une grande partie du territoire. À la confrontation entre le régime et l’Armée syrienne libre se sont greffés d’autres acteurs. D’un côté, la Russie, l’Iran et le Hezbollah offrent un soutien militaire et logistique à Damas, indispensable à son maintien. De l’autre, une coalition internationale, composée de pays occidentaux et arabes, s’était formée dans le but de freiner l’expansion des groupes islamistes radicaux (al Nosra et Daech) en Syrie et en Irak. Bien que les affrontements se soient soldés par la défaite des groupuscules djihadistes, les forces de la coalition restent présentes dans les zones sous contrôle kurde, qui s’étendent à l’est de l’Euphrate. Certaines milices islamistes continuent d’être actives dans les zones désertiques du Sud syrien. La Turquie, qui partage une frontière terrestre avec la Syrie, est intervenue plusieurs fois dans le conflit pour protéger ses frontières et ses intérêts dans la région. Tout en soutenant la rébellion face au régime de Bachar al-Assad, elle s’efforce de limiter l’afflux de réfugiés syriens sur son territoire et veille à ce que la fin de la guerre ne débouche pas sur la création d’un État kurde. De plus, malgré le cessé le feu dans la région d’Idlib, les violences persistent dans cette zone déchirée entre groupes djihadistes et rebelles de l’opposition.

En septembre 2019, l’ONU a créé un Comité constitutionnel, composé de membres du gouvernement, de l’opposition et de la société civile, chargé d’amorcer une transition politique. Le Comité s’est réuni, une nouvelle fois, le 23 novembre pour élaborer une nouvelle constitution. Cependant, les avancées que ce Comité pourrait obtenir semblent pour l’heure incertaines.

 

Une reconstruction difficile et controversée

Le retour de plusieurs provinces dans le giron du régime de Bachar al-Assad devrait amorcer la reprise progressive de l’économie syrienne. Cette dernière n’en demeure pas moins exsangue, après dix années de conflit auxquels s’est ajoutée la crise sanitaire. Le PIB syrien a diminué de plus de 60 % durant la période 2010/2016, selon les estimations de la Banque Mondiale, et a réalisé sa pire performance économique en 2020. Une grande partie des infrastructures a été détruite pendant les affrontements. Le tissu industriel s’est atrophié, tandis que les sanctions économiques rendent difficile l’accès au financement. Le régime de Bachar al-Assad est sous le joug de sanctions américaines et européennes, datant de 2011, mais il peut compter sur le soutien de la Chine en plus de celui de ses principaux alliés. Malgré l’appui de la Russie et de l’Iran, les besoins restent considérables. La Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO) a estimé le coût total de la reconstruction syrienne à 388 milliards USD. Alors qu’une partie des pays occidentaux seraient prêts à participer au financement, ces derniers conditionnent leur aide à la mise en place d’un processus politique inclusif. Le manque de ressources humaines constitue une autre limite au processus de reconstruction. En effet, le bilan humain des dix années de conflit est très lourd. Le nombre de morts liés au conflit est estimé à 586 000 par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (mars 2020). De plus, 6,2 millions de personnes, dont 2,5 millions d’enfants, ont été déplacées dans le pays et 5,6 millions sont officiellement enregistrés comme réfugiés (HCR, novembre 2020), principalement en Turquie, au Liban et en Jordanie. La question du retour des réfugiés reste un élément central à la réussite du processus de paix. Alors que les pays accueillant un nombre important de Syriens seraient pour une facilitation de leur retour, le régime continue d’envoyer des signaux contradictoires. D’une part, les annonces faites par le gouvernement se veulent rassurantes et en faveur d’un retour des déplacés. D’autre part, le gouvernement a orchestré, dès 2012, la récupération par le régime des biens des personnes déplacées. En outre, beaucoup de réfugiés redoutent la conscription ou les arrestations arbitraires, sans compter la peur de l’insécurité qui subsiste dans de nombreuses régions syriennes.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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