Etudes économiques
Timor oriental

Timor oriental

Population 1,3 millions
PIB par habitant 2 164 $US
E
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -3,5 -0,2 4,5 -3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,5 2,3 2,5 3,2
Solde public / PIB (%) -20,8 -15,2 -24,3 -31,4
Solde courant / PIB (%) -11,4 -6,9 1,1 -2,9
Dette publique / PIB (%) 6,2 9,0 12,2 12,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Réserves de pétrole et de gaz dans la mer de Timor
  • Soutien de la Communauté des pays de langue portugaise
  • Destination touristique attrayante (sites naturels protégés, riche patrimoine culturel)

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles (glissements de terrain, typhons, inondations)
  • Infrastructures sous-développées (santé, éducation, transport)
  • Très forte dépendance aux revenus pétroliers (98 % des exportations) et aux importations alimentaires (faible développement de l’agriculture)
  • Déficit en capital humain
  • Près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté
  • Taux de chômage élevé chez les jeunes (40 %)
  • Faible intermédiation bancaire

Appréciation du risque

Croissance soutenue par les investissements publics et les nouvelles infrastructures

La croissance du PIB non pétrolier devrait se stabiliser cette année à près de 5 % grâce aux dépenses publiques (106 % du PIB non pétrolier). La forte impulsion budgétaire du gouvernement continuera de soutenir la croissance, avec un budget de 1,95 milliard USD approuvé pour 2020 (64,3 % du PIB), qui accorde la priorité au développement économique et à la connectivité dans le cadre du Plan stratégique de développement (2011/2030). À cet égard, 2020 verra l’achèvement du port de commerce de Tibar d’une capacité d’un million de tonnes par an. Ce projet comprendra également la construction de nouvelles routes d’accès reliant Tibar à Dili, où l’aéroport sera agrandi d’ici 2022. De plus, l’installation de câbles en fibre optique cette année facilitera les affaires et améliorera la productivité dans le pays, ce dernier dépendant depuis longtemps d’une couverture satellite étendue. Cela dit, l’économie dépend fortement du secteur pétrolier, dont les recettes représentent 98,3 % des exportations totales, ce qui fait du Timor oriental l’un des pays au monde les plus tributaires des ressources naturelles. Alors que la production de pétrole devrait s’achever en 2022, le récent projet gazier Greater Sunrise, en collaboration avec l’Australie, devrait s’y substituer. Par ailleurs, l’économie dépend de la récolte du café, laquelle est sensible aux conditions météorologiques et représente 90 % des exportations totales en dehors du pétrole. L’investissement privé devrait rester modeste en raison d’une conjoncture économique morose. La consommation privée restera robuste, tandis que l’inflation devrait s’élever à 4 % en raison de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires, en particulier du riz et du porc suite à la peste porcine africaine.

 

Les déficits vont augmenter en raison de la volatilité des recettes pétrolières

Le déficit budgétaire est susceptible de se creuser en raison de l’incertitude entourant les recettes et de l’orientation expansionniste des finances publiques, qui vise à soutenir l’économie et à réduire la pauvreté. Compte tenu du fait que l’industrie pétrolière représente 75 % des recettes totales, une baisse des recettes pétrolières consécutive à une baisse des prix du pétrole en 2020 signifie que le déficit sera largement financé par le Fonds pétrolier (FP, estimé à 506 % du PIB en 2018) qui assure 90 % du budget annuel de l’économie. Depuis 2009, les retraits annuels de ce Fonds représentent en moyenne environ 5 % de la richesse pétrolière, laquelle est la somme du solde du Fonds pétrolier et de la valeur actualisée nette des futures recettes pétrolières. En outre, le projet Tasi Mane Petroleum, qui est un corridor d’infrastructure pétrolière, devrait être opérationnel d’ici 2026. Le projet devrait peser sur les finances publiques, puis qu’il oblige le gouvernement à dépenser 17,5 milliards USD du FP, limitant les dépenses pour des services publics tels que l’éducation (10 % des dépenses), l’assainissement des eaux usées (2 %) et la santé (5 %), ainsi que l’agriculture (2 %). Cela dit, le pays bénéficie de 162,6 millions USD de dons (19 % des recettes) de la part de ses partenaires pour le développement, ce qui représente la deuxième source de recettes après l’industrie pétrolière.

 

La balance courante diminuera en raison de la baisse des importations, mais sera déficitaire en raison d’un important déficit commercial dû à la volatilité des exportations de café (90 % des exportations totales hors pétrole), fortement liées aux conditions climatiques. Ce déficit sera financé par des cessions d’actifs du FP, ainsi qu’au moyen d’emprunts extérieurs (5,1 % du PIB total, auprès de la Banque asiatique de développement et de la Banque Mondiale) et d’entrées d’IED (1 % du PIB). Le pays dispose d’importants pare-chocs avec des réserves couvrant à l’heure actuelle environ 6,4 mois d’importations et provenant du FP.

 

À la recherche d’une coopération plus étroite dans la région

Le Timor oriental est une république démocratique semi-présidentielle dirigée par le président Francisco Guterres (depuis mai 2017). Le gouvernement du Premier ministre Taur Matan Ruak (depuis les élections anticipées de 2018) s’appuie sur la coalition de l’Alliance pour le changement et le progrès composée de trois partis (Congrès national pour la reconstruction du Timor Leste, Parti populaire pour la libération et KHUNTO). Le pays cherche à devenir membre de l’ASEAN depuis 2011 et se rapproche d’une adhésion. Malgré la stabilité politique de ces dernières années, les membres de l’ANASE ont reporté leur décision en 2019 en raison de préoccupations quant à la capacité du pays à respecter ses engagements financiers et politiques. Les pays du CMLV (Cambodge, Myanmar, Laos et Vietnam) se disent préoccupés par son adhésion, qui risquerait d’épuiser les ressources limitées de l’ANASE, tandis que certains membres craignent que les pays libéraux n’utilisent le Timor-Leste pour dénoncer les gouvernements autoritaires de cette organisation. En fait, selon l’Indice de la démocratie 2018, le système démocratique du pays est en fait meilleur que celui des membres de l’ANASE, et occupe le 7e rang de la région Asie-Pacifique. Cela dit, les niveaux de pauvreté et de corruption (105e rang selon Transparency International) restent élevés et pourraient menacer la stabilité politique récente du pays. Selon le rapport des Nations Unies sur le développement humain de 2014, 67 % de la main-d’œuvre vit avec moins de 2 USD par jour. Pour terminer sur une note plus positive, les relations avec l’Australie s’améliorent grâce à un traité récemment conclu par les deux pays, qui établit des frontières maritimes dans la mer du Timor. Cela a ouvert la voie à de nouvelles collaborations, notamment sur le développement du projet de gaz naturel Greater Sunrise, dont le Timor oriental détient 70 % des recettes.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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