Etudes économiques
Venezuela

Venezuela

Population 30,5 millions
PIB par habitant 6 890 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -16,5 -14,0 -18,0 -25,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 254,4 1 087,5 140 00,0 10 000 000,0
Solde public / PIB (%) -17,8 -31 ,8 -30,2 -30,0
Solde courant / PIB (%) -1,6 2,0 6,1 4,0
Dette publique / PIB (%) 31,4 38,9 159,0 162,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore
  • Actifs (y compris aux États-Unis) de la compagnie pétrolière nationale PDVSA

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi souveraine (PDVSA)
  • Économie fortement dépendante des hydrocarbures ainsi que des prêts de la Chine et de la Russie
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Retards de paiement dans le commerce courant
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir

Appréciation du risque

Un marasme économique qui perdure

En l’absence de changement au niveau politique, la situation économique du Venezuela reste extrêmement difficile. L’économie devrait à nouveau se contracter en 2019, dans un climat d’hyperinflation et de baisse continue de la production pétrolière. Du fait du manque d’investissement, la production de pétrole atteint ses plus bas niveaux historiques avec seulement 1,2 million de barils par jour en octobre 2018 contre 2,4 millions avant le début de la crise, en 2013. L’émigration massive (2,3 millions de personnes ont fui le pays, représentant 7 % de la population selon les chiffres de l’ONU) entraîne une fuite des cerveaux qui touche particulièrement PVDSA, la compagnie pétrolière nationale, affectant ses capacités de production. Cette chute de la production de pétrole, qui représente 90 % des exportations, 50 % des recettes fiscales et est la principale source de devises, contraint les ressources disponibles pour l’activité non pétrolière. Déjà touchées par les restrictions d’importations mises en place par le gouvernement et le contrôle des changes, les entreprises sont aussi très affectées par les augmentations du salaire minimum et le contrôle des prix décidés en 2018 par le gouvernement. Dans ce contexte, le nombre d’entreprises et petits commerces obligés de fermer continue d’augmenter, réduisant les capacités productives du pays. L’hyperinflation, provoquée par la monétisation croissante du déficit public et l’envolée des prix des biens importés causées par la chute du bolivar, érode fortement le pouvoir d’achat des ménages. La consommation privée est dépendante des remises des expatriés échangées sur le marché noir tandis que le manque de biens de première nécessité est criant. Les investissements continuent de diminuer dans un environnement des affaires toujours très difficile (expropriations arbitraires, contrôles et inspections intrusives de l’État).

 

Une situation budgétaire et extérieure plus que fragile

La forte baisse de la production pétrolière depuis le début de la crise a mené à une chute des recettes budgétaires et a une explosion du déficit public. Pour pallier ce manque de financement, le gouvernement s’est appuyé sur la monétisation, ainsi que sur des « prêts contre pétrole » de la part de la Russie et de la Chine. En arriéré de paiement d’échéances de principal sur ses obligations souveraines et quasi souveraines (PDVSA) depuis le 2 novembre 2017 vis-à-vis des créanciers privés, et depuis le 14 décembre 2017 vis-à-vis de la Banque interaméricaine de développement (BID), le gouvernement a toutefois commencé à effectuer fin 2018 les remboursements dans le cadre de ses obligations PDVSA 2020. En effet, ces titres ont pour garantie 51 % des parts de Citgo, filiale de PDVSA aux États-Unis et partenaire clé de l’entreprise publique. Dans ce contexte, certains créditeurs affectés par le défaut partiel en 2017 ont commencé à déposer des recours considérant que le gouvernement avait la capacité de payer. De nouveaux recours pourraient être présentés dans les prochains mois. La restructuration de la dette est toujours freinée par les sanctions américaines qui empêchent tout créancier américain de participer aux négociations.

Du point de vue des comptes extérieurs, le solde courant devrait demeurer en surplus. La forte contraction des importations, combinée à la relative hausse des exportations pétrolières avec la remise en route des installations dans les Caraïbes, suite à l’accord avec ConocoPhilips en août 2018, place la balance des biens en excédent. Ce surplus additionné à une hausse des flux de remises de la part des expatriés finance le déficit des services lié à la faiblesse du tourisme et au coût des services d’ingénierie pétrolière, et ainsi que le paiement des intérêts de la dette. Les investissements étrangers continueront d’être très limités dans le pays et ne permettront pas de financer le remboursement de la dette, prolongeant l’érosion des réserves de change (8,8 milliards USD en novembre 2018). Ces faibles réserves, combinées à la fuite des capitaux, nourrissent la chute du bolivar malgré la redénomination effectuée en août 2018. Mis en place en août 2018, le nouveau bolivar souverain correspond à 100 000 unités de l’ancienne monnaie. Toutefois, cette mesure n’a eu aucun effet sur l’hyperinflation ni l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché noir, car elle n’influe pas sur les déséquilibres macroéconomiques qui en sont à l’origine.

 

Une situation politique toujours sous tension

Peu de changements sont à prévoir du point de vue politique. Le gouvernement de Nicolas Maduro (Partido Socialista Unido de Venezuela) domine encore la majorité des institutions et bénéficie du soutien de l’armée alors que la recherche des biens de première nécessité accapare l’attention d’une part croissante de la population. Du côté de l’opposition (Mesa Unitaria Democratica « MUD »), les divisions internes empêchent de faire front contre le gouvernement et de s’accorder sur une stratégie, notamment vis-à-vis de l’assemblée constituante, largement pro-régime, mise en place en août 2017. Des discussions avec le gouvernement pourraient cependant débuter en amont des élections municipales prévues en décembre 2019.

Sur la scène internationale, le pouvoir tente de se rapprocher de plus en plus de la Russie et de la Chine afin d’obtenir des financements, alors que l’Union européenne et les États-Unis, suivis par une majorité des pays latino-américains, accumulent les sanctions à son encontre. Les États-Unis ont annoncé fin 2018 qu’ils pourraient aller jusqu’à ajouter le pays à la liste des États finançant le terrorisme, aux côtés de l’Iran, la Syrie, la Corée du Nord et le Soudan, si rien ne changeait.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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