Etudes économiques
Venezuela

Venezuela

Population 28,9 millions
PIB par habitant 3 411 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -14,0 -18,0 -35,0 -20,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1087,5 1000000,0 35000,0 40 000,0
Solde public / PIB (%) -31 ,8 -30,2 -27,0 -20,0
Solde courant / PIB (%) 2,0 4,0 2,0 1,4
Dette publique * / PIB (%) 38,9 159,0 162,0 180,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *secteur public non-financier (PDVSA) inclus.

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore
  • Actifs (y compris aux États-Unis) de la compagnie pétrolière nationale PDVSA

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi-souveraine (PDVSA), retards de paiement dans le commerce courant
  • Économie fortement dépendante des hydrocarbures ainsi que des prêts de la Chine et de la Russie
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir

Appréciation du risque

Une énième chute de l’activité face au marasme politique

En 2020, le Venezuela entrera dans sa septième année de contraction de son activité, amenant le PIB à 66 % de son niveau en 2013, année de déclenchement de la crise. Le climat hyper-inflationniste créé par plusieurs années de monétisation du déficit public et une monnaie en chute libre qui renchérit les importations, a rendu la demande interne complètement atone. En septembre 2019, les salaires réels des ménages avaient baissé de 75 % par rapport à l’année précédente, les multiples hausses du salaire minimum décidées par le gouvernement alimentant la hausse des prix. La politique de diminution de la masse monétaire mise en place par la banque centrale (augmentation du taux de réserve) ne devrait pas permettre de réduire durablement l’hyperinflation, ne s’attaquant pas aux déséquilibres clés de l’économie. La consommation des ménages sera de plus en plus dépendante des remises d’expatriés (estimées à 8 millions par l’ONU en 2020). Ces flux de devises étaient évalués à 3,7 milliards USD en 2019, supérieurs aux revenus tirés des exportations non pétrolières. Les restrictions accrues de résidence pour les migrants vénézuéliens dans la région pourraient toutefois affecter ces flux. L’investissement devrait continuer de se contracter, alors que les entreprises disposent d’un accès très limité au financement international et les mesures monétaires restrictives de la banque centrale réduisent l’accès au crédit. Du point de vue international, les sanctions américaines dissuadent tout investisseur étranger d’investir sur place. L’Assemblée nationale dominée par l’opposition a rédigé un projet de loi destiné à accroître l’attractivité du pays pour ces investissements en autorisant des entreprises étrangères à détenir la majorité des parts dans le cas d’association avec l’entreprise pétrolière d’État PDVSA. Ce projet a cependant très peu de chance d’être appliqué, puisque le gouvernement de Nicolas Maduro devrait réussir à se maintenir au pouvoir grâce à un puissant système de patronage. L’investissement public est, pour sa part, bloqué par l’impossibilité de renégocier la dette publique sans transition politique, conséquence des sanctions américaines. En l’absence d’investissement, les capacités de production de PDVSA devraient continuer à se réduire, atteignant 687 milliers de barils par jour en octobre 2019 contre 2,4 millions en 2013. La production non pétrolière continuera pour sa part d’être fortement affectée par un approvisionnement en énergie très déficient et les restrictions à l’importation imposées par le gouvernement.

 

Des comptes extérieurs et courants au bord du gouffre

L’effondrement de la production pétrolière, couplé aux sanctions américaines qui empêchent la livraison d’une partie des barils produits, a considérablement réduit la rente pétrolière qui alimentait les dépenses publiques. En arriéré de paiement d’échéances de principal sur ses obligations souveraines et quasi-souveraines (PDVSA) depuis le 2 novembre 2017 vis-à-vis des créanciers privés, et depuis le 14 décembre 2017 vis-à-vis de la Banque interaméricaine de développement (BID), le gouvernement de Maduro a annoncé en septembre 2019 qu’il souhaitait rouvrir les négociations avec les créditeurs afin de restructurer la dette. Toutefois, les sanctions américaines font de Juan Guaido le seul interlocuteur possible. Ce dernier a obtenu du Trésor américain la protection des actifs de Citgo, la filiale de PDVSA aux États-Unis qui sert de garantie pour les obligations PDVSA 2020, contre les créditeurs. L’une des seules mannes de financement pour le gouvernement Maduro semble donc être les « prêts contre pétrole » mis en place avec la Chine et la Russie.

 

Du point de vue du compte courant, le surplus devrait diminuer avec la chute des ventes pétrolières rendues très difficiles depuis le renforcement des sanctions américaines début 2019. Les exportations non pétrolières devraient continuer de se réduire. La contraction des importations face à la chute de la demande permet toutefois à la balance commerciale de rester en excédent. Ce surplus, couplé aux remises des expatriés, compense le déficit des services dû à la faiblesse du secteur touristique et au coût des services d’ingénierie pétrolière. Ce mince excédent courant et les faibles flux de capitaux ne permettront pas de rembourser la dette, alors que les réserves ont déjà été fortement entamées. Malgré la forte dépréciation du bolivar, persiste encore un écart important entre le taux officiel et le taux parallèle.

 

Un exécutif bicéphale pour toujours plus d’incertitudes

Face à Nicolas Maduro et au Partido Socialista Unido de Venezuela qui contrôlent l’armée et la majorité des institutions, l’Assemblée nationale, dominée par les forces d’opposition, a déclaré Juan Gaido président par intérim du pays en janvier 2019. Reconnu par une cinquantaine de pays à l’international, ce dernier a organisé une tentative de coup d’État le 30 avril 2019 qui a échoué, ne réussissant pas à rompre la loyauté des membres de l’armée à Maduro. Cet échec a mené à une dualité du pouvoir exécutif dans le pays et a fortement réduit la cote de popularité de Guaido, une réduction amplifiée par la division régnant entre les différents partis membres de l’opposition. Des négociations entre le pouvoir et un groupe minoritaire de partis de l’opposition ont permis le retour de 38 députés du PSUV à l’Assemblée nationale, mais une réelle sortie de crise reste hautement improbable. Sur le plan international, ces mêmes divisions sont à l’œuvre. Maduro cherche le soutien de la Russie et la Chine, alors que s’amoindrissent ses soutiens dans la région au gré des nouvelles élections, tandis que Guaido bénéficie d’un soutien sans faille des États-Unis et de leurs alliés.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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