Etudes économiques
Venezuela

Venezuela

Population 31,0 millions
PIB par habitant 7 620 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) -6,2 -16,5 -12,0 -6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 111,8 254,4 652,7 2 349,3
Solde public / PIB (%) -17,7 -17,8 -18,5 -18,7
Solde courant / PIB (%) -6,6 -1,6 -0,4 -1,3
Dette publique / PIB (%) 32,1 31,4 22,9 19,7

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Réserves considérables de pétrole le long du fleuve Orénoque et potentiel gazier offshore
  • Proximité géographique avec les États-Unis, premier marché d’exportation du pétrole vénézuélien
  • Actifs (y compris aux États-Unis) de la compagnie pétrolière nationale PDVSA
  • Population active croissante 

POINTS FAIBLES

  • En défaut sur sa dette souveraine et quasi-souveraine (PDVSA)
  • Économie fortement dépendante des hydrocarbures ainsi que des prêts de la Chine et de la Russie
  • Hyperinflation
  • Pénurie de devises et de biens (aliments de première nécessité, médicaments)
  • Gestion opaque et discrétionnaire des revenus pétroliers
  • Retards de paiement dans le commerce courant
  • Forte insécurité politique
  • Criminalité (homicides), corruption, trafics en tout genre, marché noir

Appréciation du risque

Une crise de grande ampleur

 

En crise depuis 2014, l’économie devrait rester en récession en 2018, soumise à une inflation galopante et à la chute de la production pétrolière. Malgré la faible hausse des prix du pétrole, la production pétrolière devrait continuer à diminuer (-13,5 % entre octobre 2016 et octobre 2017), compte tenu du manque d’investissements. Le pétrole représentant 90 % des exportations, 50 % des recettes budgétaires et la quasi-totalité des entrées de devises, cette chute de la production devrait renforcer les déséquilibres macroéconomiques. L’économie non-pétrolière devrait encore se contracter, contrainte par l’insuffisance des investissements, après des années d’abandon au profit du secteur pétrolier. La difficulté à se procurer des produits intermédiaires et des biens d’équipement mine l’activité industrielle, car le secteur privé dépend de l’État pour accéder aux devises. Cette baisse des capacités productives s’inscrit dans un climat d’hyperinflation. La monétisation du déficit public face à la baisse des recettes pétrolières a fait exploser l’inflation, renforcée par la chute du bolivar et l’envolée des prix des biens importés. Dans ce contexte, le pouvoir d’achat des ménages s’est fortement érodé. Le manque de biens de première nécessité se fait de plus en plus cruel, face à la politique de compression des importations menée par le gouvernement. L’investissement devrait continuer à se réduire dans un climat des affaires plus que déficient (expropriations arbitraires, contrôles et inspections intrusives de l’État) et avec une insécurité politique toujours plus grande.

 

Fragilité budgétaire et externe

 

La baisse des revenus pétroliers, associée à la chute des recettes non-pétrolières en termes réels, a mené à une envolée du déficit public. En effet, le gouvernement n’a pas diminué les dépenses sociales dans la même proportion. Le déficit est financé largement par la monétisation, ainsi que par des prêts russes et chinois, dans les termes « prêt contre pétrole ». En défaut, depuis le 2 novembre 2017, sur ses obligations souveraines et quasi-souveraines (PDVSA), le Vénézuéla est confronté à la nécessité de restructurer sa dette afin de conserver un accès aux financements. La Russie lui a accordé une restructuration pour 3,15 milliards USD concernant les paiements dus sur les six prochaines années. Cependant, une restructuration de plus grande ampleur s’annonce difficile après la tenue de premières réunions de créanciers sans résultat. L’existence de sanctions américaines contre certains officiels vénézuéliens, dont le chef des négociations Tareck El Aissami, accusé de trafic de drogue, empêchera tout créancier américain de participer à ces négociations.

Du côté du compte courant, la balance commerciale devrait être en léger surplus. Cela s’explique par la compression des importations (de 33,3 à 15,5 milliards USD entre 2015 et 2017) et les exportations pétrolières relativement stables grâce à la hausse du cours du pétrole. Ce surplus ne compensera pas le déficit des services, lié à l’effondrement du tourisme et au coût des services d’ingénierie pétrolière, ni le lourd service de la dette (120 milliards USD). Les très faibles IDE et les éventuels prêts bilatéraux ne suffiront pas à équilibrer la balance des paiements. Les réserves de change continueront donc de s’éroder (9,9 milliards USD en novembre 2017, or compris), leur renflouement étant limité par le remboursement en nature des prêts chinois et russes qui ne laisse que trop peu de pétrole à vendre pour faire entrer assez de devises. Ce déficit de financement devrait continuer de faire chuter le bolivar, augmentant à nouveau l’écart entre le taux officiel (10 VEB pour 1 USD), utilisé uniquement pour les transactions publiques de biens de première nécessité, et le taux parallèle (103 000 VEB pour 1 USD fin 2017).

 

Une situation politique tendue

L’année 2017 a été marquée par une hausse des tensions politiques, nourries par l’incapacité de la classe dirigeante à sortir le pays du marasme économique. L’élection d’une assemblée constituante en août 2017 a été précédée par trois mois d’affrontements entre les forces gouvernementales et les partisans de l’opposition, faisant plus d’une centaine de morts. Cette nouvelle assemblée, favorable à Nicolas Maduro (Partido Socialista Unido de Venezuela), car boycottée par l’opposition, a tenté de s’imposer face à au Congrès dominé par l’opposition (Mesa Unitaria Democratica), en annonçant la dissolution de ce dernier en août 2017. La vague d’indignation internationale qui a suivi et les protestations à l’intérieur du pays ont finalement conduit le gouvernement à faire marche arrière, sans toutefois apaiser les tensions. Les élections des gouverneurs régionaux d’octobre 2017, largement remportées par le parti gouvernemental, ont renforcé le Président Maduro en marquant la division de l’opposition. En effet, la décision de quatre gouverneurs, membres du MUD, de prêter serment devant l’Assemblée constituante a fait largement débat au sein de la coalition, une grande partie de ses membres la considérant comme illégitime. La victoire du PSUV aux élections municipales de décembre 2017, boycottées par l’opposition, ont contribué à renforcer ces tensions. Des négociations entre le gouvernement et l’opposition ont débuté en novembre 2017, et le gouvernement a entrepris d’accélérer la lutte contre la corruption, avec l’arrestation de responsables de l’industrie pétrolière. Avec une opposition divisée et un pouvoir de plus en plus répressif, le risque de bouleversement politique et social restera très important jusqu’à la prochaine élection présidentielle fin 2018. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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