Etudes économiques
Gabon

Gabon

Population 2,1 millions
PIB par habitant 8 111 $US
C
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 0,8 2,9 -3,0 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,8 2,0 2,6 2,7
Solde public / PIB (%) -0,2 2,1 -5,4 -3,5
Solde courant / PIB (%) -3,2 -0,3 -9,5 -6,8
Dette publique / PIB (%) 60,6 62,4 74,0 70,2

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • 5ème producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne ; 2ème producteur africain de bois ; 2ème producteur mondial de manganèse ex aequo avec l’Afrique du sud
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergent 2010-2025 (PSGE)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Membre de la CEMAC

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement tributaire du secteur pétrolier
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Dépendance aux importations alimentaires et biens d’équipement
  • Chômage élevé, pauvreté endémique, faible diffusion de la richesse, informalité (50%)
  • Contexte politique et social difficile, corruption et bureaucratie omniprésente
  • Stock d’arriérés domestiques et extérieurs pas encore apuré

Appréciation du risque

Une timide reprise sur fond de diversification

Le Gabon est entré en récession en 2020 suite à la crise de la COVID-19. Il a été impacté par un double choc. Très dépendant de ses revenus pétroliers (39% du PIB), il a subi la baisse de la demande mondiale et, son corollaire, l’effondrement des cours du pétrole. Par ailleurs, le gouvernement a imposé très rapidement des mesures de confinement afin de stopper, avec succès, la progression du virus comme par exemple la fermeture des frontières, un couvre-feu national et un confinement dans la capitale, Libreville. Ces dernières ont davantage impacté l’économie gabonaise via la demande intérieure. Afin de limiter l’impact sur la population, le gouvernement a pris des dispositions visant à assurer les besoins fondamentaux des ménages et des entreprises pour un montant de 381 millions d’euros (2,9% du PIB).

En 2021, l’activité renouera avec la croissance, qui, cependant, devrait être faible. Côté pétrole, les cours et la demande devraient quelque peu progresser. De plus, le Gabon ne semble pas strictement respecter son engagement à réduire sa production pétrolière de 21% dans le cadre de l’OPEP+, ce qui laisse envisager une augmentation de la production en 2021. Les projets d’investissement dans ce secteur, temporairement gelés, devraient timidement reprendre, même si, sur le long-terme, des projets visant à maximiser la production des champs d’extraction vieillissant et à développer des récentes découvertes en mer devraient aboutir, permettant au pays d’augmenter ses exportations pétrolières. Le secteur forestier (30% du PIB hors hydrocarbures, soit 5% du PIB total), particulièrement la transformation du bois, et le secteur minier (6% du PIB), notamment le manganèse, peu affectés par la crise, devraient aussi voir un surcroît d’activité avec le retour à la normale des chaînes d’approvisionnement. Ils bénéficieront d’investissements, visant, notamment, à mieux valoriser le bois. En plus de ces investissements dans les trois piliers de l’économie, la construction devrait aussi profiter du lancement retardé de la construction du barrage Kinguélé Aval et de la route transgabonaise Libreville-Franceville qui durera jusqu’en 2023. Le développement de l’agriculture (6% du PIB, mais 37% de la population) se poursuivra dans l’huile de palme, le caoutchouc, le cacao et le café, encore dans l’objectif de réduire la dépendance au pétrole. La consommation des ménages (39% du PIB, en terme de demande) a reculé en 2020 en conséquence de la crise et des restrictions de déplacement. Cependant, grâce aux aides gouvernementales, elle devrait se redresser en 2021, ce qui profitera aux services (40% du PIB).

 

Les déficits porteront encore la marque de la crise

Après avoir été plombé en 2020 par la baisse des recettes pétrolières (37% des recettes), ainsi que l’augmentation des dépenses liées à la COVID-19, malgré une coupe de 10% dans les dépenses, le déficit devrait légèrement reculer, mais sans renouer avec l’excédent d’avant la crise. Toutefois, il est probable que la consolidation reprenne son cours, vraisemblablement dans le cadre d’un nouveau programme FMI, le précédent s’étant achevé en 2020 sur un total de USD 640 millions versés en trois ans. La dette reste soutenable, bien qu’importante, même si sa part extérieure a atteint 50% du PIB en 2020. Par ailleurs, un audit réalisé par les autorités a estimé que 70% de la dette domestique serait illégitime.

Le déficit courant s’est spectaculairement creusé en 2020 en conséquence de l’apparition d’un déficit commercial résultant de la baisse des exportations pétrolières (67% du total) et de la hausse des importations liées à la crise sanitaire, alors que celles traditionnelles de produits alimentaires et produits manufacturés n’ont légèrement diminué, malgré une demande intérieure moindre. En 2021, ce déficit devrait légèrement se réduire. En effet, si les recettes pétrolières devraient légèrement progresser et celles de bois (8%) et de manganèse (20%) renoueront avec leur pente ascendante, les importations reprendront vivement en lien avec le redressement de la demande intérieure. Le versement en 2020 de USD 300 millions par le FMI au titre de sa Facilité rapide de crédit devrait inciter les autres bailleurs internationaux à contribuer au financement du déficit, à côté des investisseurs étrangers sollicités pour les projets d’infrastructures et de diversification.

 

Une succession se profile à la tête de l’Etat

Le président Ali Bongo Ondimba, en poste depuis 2009, après avoir succédé à son père, a été réélu dans le tumulte en 2016. Il est ressorti conforté des élections législatives d’octobre 2018 qui ont permis au Parti démocratique gabonais (PDG), dont il est issu, d’obtenir la majorité absolue face à une opposition divisée et affaiblie par l’appel au boycott de M. Ping, le principal opposant. Néanmoins, les interrogations sur l’état de santé du président, suite à une succession d’AVC depuis 2018, persistent, tandis que sa femme et son fils s’activent. Ceci s’ajoute au mécontentement de la population lié à la prévalence du chômage, à la cherté du coût de la vie, potentiellement renforcé par un retour de l’austérité budgétaire. Toutefois, les grèves régulières de la fonction publique dues aux arriérés de salaires pourraient faire dévier les autorités de leurs engagements en matière budgétaire et, ainsi, détériorer la perception de la gouvernance. Au côté de l’opacité et de l’indisponibilité de l’information commerciale et de la complexité des procédures administratives, celle-ci participe à un climat des affaires difficile.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page