Etudes économiques
Namibie

Namibie

Population 2,5 millions
PIB par habitant 5 072 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,1 -1,6 -7,8 2,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,3 3,7 2,2 3,2
Solde public / PIB (%) -5,2 -4,9 -12,5 -9,5
Solde courant / PIB (%) -3,4 -1,7 -0,8 -2,2
Dette publique / PIB (%) 52,2 56,2 68,1 70,2

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année budgétaire du 1er avril au 31 mars. Données 2021 : 2021/22

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (diamant, uranium, cuivre) et halieutiques
  • Bonnes infrastructures de transport
  • Gouvernance satisfaisante
  • Potentiel touristique

POINTS FAIBLES

  • Dépendance au secteur minier
  • Chômage élevé et inégalités persistantes
  • Secteur agricole exposé aux aléas climatiques
  • Dépendance à l’Afrique du Sud

Appréciation du risque

Un modeste retour à la croissance

En 2020, les mesures de confinement pour contrôler la pandémie de la COVID-19 ont particulièrement touché les secteurs d’activité clefs (tourisme, mine, transport, commerce et construction), poussant l’économie dans une seconde année de récession consécutive. La croissance devrait connaître une modeste reprise en 2021, notamment soutenue par une hausse des exportations de minerais (diamant, uranium, zinc), qui constituaient plus de 45 % du total en 2019, bénéficiant d’une reprise progressive de la demande extérieure. Les recettes du tourisme devraient également rebondir par rapport à la faible base établie en 2020, mais resteront contraintes par l’incertitude liée à l’évolution de la pandémie. La reprise du secteur des mines bénéficierait à ceux du fret et du commerce. Les investissements privés, particulièrement dans le secteur minier, devraient également se rétablir, soutenant le retour à la croissance. Les réductions de taux d’intérêts de la Banque de Namibie et les annonces d’un plan d’incitations à l’investissement par le Président Hage Geingob, pourraient en favoriser la reprise. En revanche, la situation précaire des finances publiques, déjà responsable de la faiblesse de l’activité, particulièrement dans le secteur de la construction, depuis 2016, devrait contraindre la contribution de l’investissement public. Si la consommation privée bénéficiera de la levée des strictes mesures de confinement du deuxième trimestre 2020, le chômage, estimé à plus de 20 % avant la crise liée à la pandémie, et un revenu par habitant qui décline depuis cinq ans limiteront sa reprise.

 

Défis budgétaires accentués par la pandémie

La crise liée à la pandémie de COVID-19 a accentué les défis budgétaires, creusant le déficit en 2020/21. En 2021/22, il devrait commencer à se réduire, mais restera élevé. La progression des recettes fiscales devrait permettre la réduction du déficit, mais restera contrainte par une activité économique encore faible. De plus, étant donné le retard d'un an dans leur versement, les recettes de la Southern African Custom Union (SACU), subiront les effets de la crise sur la croissance et le commerce régional. Du côté des dépenses, l’expiration des mesures prises pour juguler l’urgence de la crise économique et sanitaire et la reprise du programme de consolidation budgétaire devraient permettre la réduction du déficit. Néanmoins, la masse salariale de l’Etat, qui absorbe la moitié des recettes, et la santé précaire des entreprises publiques continueront d’exercer des pressions à la dépense. De plus, l'augmentation des emprunts se traduira par une hausse du coût du service de la dette, qui représente environ 14 % des recettes en 2020/21. Bien que le risque souverain soit atténué par l’importante part de dette domestique (environ deux tiers du stock) et de dette libellée en monnaie locale ou en rand sud-africain (auquel le dollar namibien est ancré ; environ 70 % du total), la trajectoire et le niveau de la dette publique constituent une contrainte sur les finances publiques.

Après s’être réduit à la faveur de la hausse des transferts de la SACU et de la compression des importations, le déficit du compte courant devrait se creuser en 2021. La reprise de la demande intérieure pèsera sur le déficit commercial, le rebond des importations excédant celui des exportations. La baisse attendue des transferts liés aux recettes douanières de la SACU participera également au déficit courant plus élevé. Si la balance des services devrait bénéficier d’un regain du tourisme, il est peu probable qu’elle enregistre des excédents similaires à ceux précédant la crise. Le déficit du compte des revenus sera entretenu par les rapatriements de revenus de l’investissement des entreprises multinationales. L’emprunt extérieur et les flux d’investissements devraient financer le déficit. Disposant également de réserves de change équivalentes à environ 4 mois d’importations, la position extérieure du pays devrait permettre de maintenir l’ancrage au rand sud-africain.

 

Un nouveau concurrent à la domination de la SWAPO ?

Dominant la scène politique depuis l’indépendance du pays (1990), la SWAPO a obtenu une nouvelle victoire lors des élections générales de novembre 2019, obtenant 63 des 96 sièges de l’assemblée nationale soumis au vote des électeurs. Le président Hage Geingob, chef de file de la SWAPO, a été réélu pour un second mandat de cinq ans dès le premier tour avec 56 % des voix. En baisse de 31 points par rapport à 2014, le score du président, au même titre que la perte de 14 sièges à l’Assemblée, a néanmoins confirmé l’érosion de l’influence du parti dominant depuis 30 ans. Un contexte économique difficile depuis cinq ans, aggravée en 2020 par la pandémie de COVID-19, et la persistance de fortes inégalités contribuent à cette érosion. En particulier, la question controversée de la redistribution des terres à l’avantage des populations noires, qui, bien que majoritaires, ne sont propriétaires que de 16 % des terres agricoles, reste symptomatique des divisions du pays. Panduleni Itula, ancien membre du SWAPO et second de l’élection présidentielle en 2019 (29 % des voix), s’affirme comme le principal opposant, grâce au soutien des jeunes dans les zones urbaines. Il a lancé un nouveau parti en août 2020, les Patriotes Indépendants pour le Changement (IPC), pour contester l’hégémonie de la SWAPO dans les prochaines années.

Bien que relativement favorable par rapport aux autres pays d’Afrique, le climat des affaires souffre de la longueur des procédures administratives et subit la concurrence de nombreux pays africains qui ont fait de cette thématique un pilier de leurs stratégies de développement.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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