Etudes économiques
Tchad

Tchad

Population 15,9 millions
PIB par habitant 686 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,3 3,1 -2,0 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 -1,0 3,0 3,0
Solde public / PIB (%)* 1,9 -0,4 -1,0 -1,0
Solde courant / PIB (%)* -1,4 -2,6 -9,0 -6,0
Dette publique / PIB (%) 49,1 44,3 46,4 44,4

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Exploitation de nouveaux gisements pétroliers
  • Potentiel de développement du secteur agricole

POINTS FAIBLES

  • Taux de pauvreté très élevé (40 % de la population en 2019/ World Bank)
  • Dépendance excessive à l’égard du pétrole (27% du PIB et 75 % des exports)
  • Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé et corruption élevée
  • Enclavement géographique
  • Dégradation des conditions de sécurité, tant au niveau national que des pays voisins (Cameroun, Libye, Nigéria) avec lesquels les frontières sont poreuses
  • Bas niveau du lac Tchad, avec des effets négatifs sur le coton, la pêche et l’environnement

Appréciation du risque

Une embellie après la crise du COVID-19

En 2020, la crise a engendré une récession du fait des mesures de confinement (couvre-feu, fermeture des marchés et magasins non essentiels, suspension des liaisons aériennes, fermeture des frontières et restrictions aux déplacements internes), mais aussi suite à la réduction de la demande internationale, notamment pour le pétrole.

 

Une reprise devrait intervenir en 2021 avec la levée des restrictions et le rétablissement de la demande extérieure. Les recettes pétrolières, qui représentent 75% des exportations et 27% du PIB, vont bénéficier de la reprise, même modérée, des cours, ainsi que de la mise en exploitation de nouveaux champs et de nouvelles techniques extractives qui permettront de retrouver la production d’avant crise. Les ventes d’or (20% des exportations) vont aussi progresser avec la reprise de la demande, alors que son cours reste élevé. Sauf conditions climatiques défavorables, la contribution du secteur agricole (17% du PIB en terme d’offre, mais 75 % de la population active) à la croissance, avec le coton (3% des exportations), l’élevage et la gomme arabique, devrait progresser à travers la consommation des ménages (76% du PIB, en terme de demande). Pourtant, les tensions inflationnistes seront entretenues, à la fois, par la remontée du prix de l’énergie et le renchérissement des prix alimentaires lié à la persistance des difficultés d’approvisionnement avec le Nigéria et le Cameroun. La production de coton-graine progresse depuis 2018, année marquée par la cession au singapourien OLAM de la majorité du capital de l’ex société publique Coton Tchad détenant le monopole de l’achat. L’Etat encourage ce secteur avec, notamment, l’octroi d’une subvention annuelle à l’achat d’engrais. Cela intervient dans le cadre du Plan Quinquennal de Développement (2017-2021), visant à la création de dix agropoles impliquant le secteur privé pour développer l’agriculture et l’élevage. Le secteur tertiaire (42% du PIB) devrait voir le transport, le commerce et hôtellerie rebondir, tandis que la banque et les télécommunications poursuivront sur leur lancée.

 

Les organisations multilatérales à la rescousse

En 2020, la crise a généré pour l’Etat un besoin financier supplémentaire équivalent à 7% du PIB non pétrolier. Les dépenses publiques sont passées de 14 à 19% du PIB. Le plan de soutien équivalent à 6% du PIB a prévu la création d’un fonds de solidarité, la suspension du paiement des factures d’eau et d’électricité, et une distribution alimentaire. Le règlement des arriérés aux fournisseurs, aux agents de l’Etat et aux banques publiques a été accéléré. A cela s’est ajoutée l’application du récent accord salarial. Les partenaires internationaux sont venus à la rescousse, notamment le FMI avec USD 183 millions au titre de sa Facilité rapide de crédit et un allègement de six mois du service de la dette. Avec son service représentant 18% des recettes publiques, la dette (à 70% extérieure et 50% commerciale) représente toujours un risque élevé, même si le rééchelonnement de la part due à Glencore (15% du total) en 2018 a desserré l’étau. De plus, la vulnérabilité du secteur bancaire demeurera élevée, en raison du lien étroit entre l'État et les banques publiques. Enfin, le pays va devoir renégocier avec le FMI une nouvelle Facilité élargie de crédit, la précédente, qui a apporté USD 310 millions entre 2017 et 2020, ayant été annulée en avril 2020 compte tenu de la crise.

 

Le déficit courant s’est considérablement creusé en 2020 du fait de la détérioration des termes de l’échange (prix du pétrole et du coton) et de la baisse de la demande mondiale. En 2021, il devrait refluer, sans, de loin, retrouver son niveau antérieur. Avec l’amélioration des termes de l’échange et le rebond de la demande extérieure, l’excédent commercial, tombé de 12 à 5 % du PIB entre 2019 et 2020, s’améliorera. Cependant, l’amélioration sera limitée, car les achats d’équipements nécessités par les investissements pétroliers progresseront rapidement. Par ailleurs, ce solde positif est largement contrebalancé par le déficit de la balance des services (notamment pétroliers) qui tend vers les 20 % du PIB. L’amélioration du solde courant devrait être soutenue par le maintien des transferts (6 % du PIB en 2020) effectués par les expatriés, ainsi que ceux des organismes internationaux. Comme de coutume, le financement de ce déficit devrait être assuré par la reprise des IDE (5% du PIB), auxquels s’ajouteront, comme en 2020, les indispensables financements internationaux.

 

Un président bien installé dans un environnement géopolitique mouvementé

Après avoir été repoussées à plusieurs reprises depuis 2015, les élections législatives devraient, en principe, avoir lieu en octobre 2021, a annoncé le président Idriss Deby, au pouvoir depuis 30 ans. D’ailleurs, ce dernier devrait être de nouveau candidat à sa succession lors de la présidentielle d’avril 2021. Le président Deby pourrait l’emporter, car l’opposition est, à la fois, divisée et affaiblie par le contrôle du pouvoir sur les institutions et le processus électoral. S’il peut compter avec le soutien de l’ample majorité dont dispose son parti, le Mouvement patriotique pour le Salut, au sein du parlement, le soutien populaire s’effiloche du fait des conditions de vie difficiles pour beaucoup, avec un chômage des jeunes très élevé. De plus, le conflit entre éleveurs et agriculteurs, dans plusieurs provinces, est récurrent. Il se superpose avec des inimitiés ethniques et religieuses. Par ailleurs, le pays bénéficie du soutien militaire de la France qui apprécie sa participation à des missions de paix : G5 Sahel, Multinational Joint Task Force dans la région du lac Tchad pour lutter contre Boko Haram.
 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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